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Les deux font la paire

Des lecteurs et des lectrices nous racontent comment ils ont trouvé l’amour avec un grand A.

propos recueillis par Odile Jouanneau

En novembre 1995, j’ai 20 ans, j’habite un 1 à Longueuil, j’écoute de la musique heavy metal et je suis opticien stagiaire au magasin Costco de ville d’Anjou. Le matin du 11, une cliente se présente au comptoir vêtue d’une doudoune d’hiver, pas maquillée, complètement décoiffée… Je la trouve magnifique et tombe aussitôt amoureux d’elle. Elle s’appelle Anne-Marie Faniel. Je lui téléphone le soir même, et nous parlons pendant trois heures. Elle élève seule son bébé et travaille comme maquilleuse-coiffeuse de cinéma en plus d’étudier au Conservatoire – elle est chanteuse d’opéra. J’éclate de rire et je lui parle de mes goûts musicaux. J’ai 10 ans de moins qu’elle, mais je sais que c’est la femme que j’attends…

Je m’assure d’être présent le jour où Anne-Marie vient récupérer ses lunettes. Juste avant qu’elle ne passe à la caisse, je lui demande de me suggérer une invitation qu’elle serait incapable de refuser. «Une soirée à l’opéra!» répond-elle, certaine que je ne relèverai pas le défi. C’est mal me connaître: deux semaines plus tard, nous nous retrouvons à la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts de Montréal. Durant le deuxième acte du Macbeth de Verdi, je pose ma main sur sa jambe; elle y restera jusqu’à la fin de la tragédie shakespearienne.

Dans le stationnement, avant de démarrer ma Chevrolet, j’embrasse enfin Anne-Marie. C’est électrique! «As-tu déjà ressenti ça?» me demande-t-elle, complètement secouée. Je lui réponds que non, qu’elle est la première femme que j’embrasse. Ma première flamme! A la mi-décembre, j’emménage dans sa maison de Montréal.

Nous avons acheté un cottage à Prévost, dans les Laurentides, en 1997. Quand Clara est née, deux ans plus tard, Anne-Marie a failli y rester. Comme nous avons eu très peur pour elle, nous avons décidé d’aller au bout de nos rêves et de ne jamais nous quitter. «Parce que la vie est courte, dit ma belle. Et que même si elle dure 100 ans, on n’a pas le droit d’en gaspiller une seule seconde.»

Elle voulait faire une carrière de chanteuse lyrique, je voulais ouvrir un magasin de lunettes branchées; alors, nous avons mis nos talents en commun. Notre première boutique, Les Branchés, a ouvert ses portes à Saint-Jérôme, en 2006, tandis qu’Anne-Marie sortait son premier disque de chant lyrique… et créait, comme designer, sa première collection de lunettes. Depuis, nous avons ouvert deux autres boutiques, et Anne-Marie a enregistré deux autres disques…

Et savez-vous quoi? Quelques mois après notre première rencontre, ses problèmes de vue se sont réglés. En fait, mon âme sœur n’avait pas besoin de lunettes. Juste de me rencontrer.

Pour entendre la voix d’Anne-Marie Faniel: http://annemariefaniel.com
Et pour le plaisir des yeux: www.lesbrancheslunetterie.com

Patrick Bolduc, Saint-Jérôme


Publié dans : Santé » Psychologie
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1 commentaire

    Je suis ravie d'avoir pu découvrir ces deux personnages hors du commun. Merci au Reader's Digest de toujours savoir nous raconter des histoires (;o)

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