Mary Spencer se bat pour le Canada aux Olympiques
La boxe féminine fera son entrée parmi les disciplines olympiques à Londres. Mary Spencer se bat pour le Canada.
Par Malcolm Johnston

Il y a de la témérité dans tout boxeur. Les spectateurs s’attendent à ce que le combat sur le ring se double d’une lutte verbale aussi âpre ailleurs. Triple championne du monde et favorite pour la médaille d’or olympique, Mary Spencer s’en fait une idée tout autre. Introvertie, elle aime le confort de la maison et préférerait écrire ses pensées plutôt que de les diffuser dans les médias. Malgré sa retenue apparente, elle n’en est pas moins prolifique: son bureau croule sous plus de vingt calepins, tous remplis jusqu’à la marge de citations inspirantes, de notes de motivation pour elle-même et d’objectifs de carrière. On y trouve également cette inscription récente: battre ma meilleure amie.
En janvier, elle affrontait Ariane Fortin, son ancienne colocataire et partenaire d’entraînement – et l’une des meilleures boxeuses livre pour livre au monde –, pour représenter le Canada aux Olympiques, dans la catégorie des 75 kilos. Ce sera la première fois que la boxe féminine fera partie des Jeux. Déterminée, Mary l’a emporté 18 à 12, brisant le rêve de son amie pour réaliser le sien. Elle n’a ressenti aucune culpabilité. «Quand vous regardez dans le coin opposé du ring, vous savez que votre adversaire pourrait vous tuer, vous blesser ou vous mettre hors de combat, et qu’elle n’hésitera pas, affirme-t-elle. C’est vous ou elle.»
Après le combat, Ariane Fortin s’est emportée dans les médias, accusant les juges de parti pris. Mary a refusé de mordre à l’appât. Elle a plutôt complimenté Ariane et a reconnu que ce devait être frustrant de passer à côté de Londres. Leur relation en a souffert. Les conversations téléphoniques régulières ont cessé, mais Mary a bon espoir que les choses se rétabliront.
Pour l’instant, elle se concentre sur l’entraînement. Son entraîneur de longue date, Charlie Stewart, la réveille à 5 h du matin, toujours avec la même phrase: «On se voit à 6 h.»
À 6 h 10, Mary s’élance dans les rues du centre-ville de Windsor, Ontario, pour l’échauffement, une course de 10 kilomètres. Elle enchaîne avec un mélange de sprints, de boxe simulée et de pliométrie. Suivent une sieste et le repas. Puis elle commence une séance d’entraînement avec Jason TK, un ancien poids mi-lourd de Team Canada, qui fait environ 35 livres de plus qu’elle. «Il a raison de moi une fois sur deux, mais tout va bien. Quand il est fatigué, les choses peuvent tourner en ma faveur», indique Mary. Sa troisième séance d’entraînement de la journée comprend des exercices de force, de la boxe sur sac et des exercices intensifs afin d’améliorer ses mouvements sur le ring. Parfois, Charlie l’oblige à affronter trois boxeurs à la suite. Ses adversaires cèdent leur place lorsqu’ils sont fatigués, un luxe auquel elle n’a pas droit.
Parfois Mary reçoit un massage après le repas du soir. Sinon, à 19 h 30 au plus tard, elle est de retour à la maison, qu’elle partage avec trois amies, dont deux boxeuses. Elle profite du peu de temps qu’il lui reste avant d’aller au lit pour lire ou flâner devant la télévision. Son autre façon de se détendre est plutôt originale: «J’aime faire le ménage.» Lorsqu’on lui demande si ses colocataires sont désordonnées, elle hésite avant de répondre: «Je préfère me taire.» Comme quoi la règle qu’elle s’est fixée de ne pas tenir de propos désobligeants vaut pour tout, même pour la vie à la maison.
Quand la regarder performer: Dimanche le 5 août à 10:30.
Q & R: Mary Spencer
Chanson fétiche: Sadness d’Enya.
Suite de coups fatale: jab, droite à la tête, crochet de gauche au corps.
Si je n’étais pas boxeuse,je serais: dans l’armée.
Émission de télévision préférée: Big Bang Theory.
Plaisir coupable: tablette de chocolat Oh HENRY!
Tatouages: plume sur la cheville, nœud celtique sur l’omoplate.
En dehors du ring, mes amis diraient que je suis: tranquille.
(Photo: THE CANADIAN PRESS/Chris Young)
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