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Sur la ligne de feu: Toronto

Notre reporter a partagé la vie des pompiers d’une caserne de Toronto pendant quelques heures: nuit blanche et montées d’adrénaline garanties!

par Ian Harvey

Tour de garde

Les yeux rougis par le manque de sommeil, je me cramponne à l’arrière d’un camion du service des incendies de Toronto. Il est un peu plus de 2 heures du matin, et le véhicule rouge, gyrophares allumés et toutes sirènes hurlantes, fonce à travers un épais brouillard en direction d’une marina sur le lac Ontario, dans l’est de la ville. Une odeur de plastique brûlé emplit déjà l’air ambiant.

Dave Merrifield, 37 ans, conduit le véhicule. A ses côtés, le capitaine Jack Cooper, 51 ans. A ma gauche, Jaime McGowan, 38 ans, et à ma droite, Craig Whitworth, 39 ans. Pour ces hommes, ce n’est qu’un tour de garde ordinaire de 24 heures, un des sept qu’ils prennent tous les 28 jours au poste 325. Cette caserne, l’une des plus occupées du Canada, est située au cœur des quartiers «chauds» de l’est de Toronto, où se côtoient HLM et résidences de plus d’un million de dollars.

Dans les 82 postes de pompiers que compte la métropole du Canada, quelque 3000 «soldats du feu» trouvent un second chez-soi quand ils sont de garde. Vastes ou étriqués, vieux ou plus récents, tous ces bâtiments ont le même style spartiate.

Me voici en route vers une «vraie intervention», par opposition à la demi-douzaine de fausses alertes qui nous ont occupés hier, à partir de 7 heures du matin. Un vendredi 13 sans grande catastrophe.

Il y a quelques minutes, l’alarme nous a réveillés. En moins de deux, l’équipe a revêtu bottes, combinaisons ignifuges et vestes de protection, puis a pris le départ. Il pouvait aussi bien s’agir de l’incendie du siècle que d’un feu de poubelle. Une crise cardiaque? Un handicapé tombé de son fauteuil roulant? Peu importe, les pompiers répondent toujours à l’appel, jusqu’à 4600 fois par année pour le seul poste 325.

Cette fois-ci, nous arrivons en renfort. Plusieurs équipes s’activent déjà autour d’un yacht de 12 mètres de long, dont les hublots calcinés vomissent des torrents de fumée. Quatorze camions et 41 pompiers veilleront à ne laisser aucun foyer dormant derrière eux. Le bateau de 75000$ a subi des dommages de 40000$.

De retour à la caserne, pas le temps de dormir. Nouvelle alerte à 5h30 et départ en trombe vers le centre-ville, puis rappel au poste au moment où nous parvenons à destination.

Notre sommeil ne sera plus troublé par la suite, jusqu’à l’arrivée des hommes de l’équipe de relève qui entrent en bâillant, un café à la main.

«L’incendie de l’année arrive toujours la nuit où on n’est pas là, plaisante le capitaine Jack Cooper avant de rentrer chez lui. On ne sait jamais à quoi s’attendre.»


Publié dans : Magazine
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